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Décret Influenceurs 2026 : Vers un nouveau standard Qualiopi ?

Le décret n° 2026-233 du 30 mars 2026 impose désormais des mentions obligatoires aux influenceurs faisant la promotion de formations financées par des fonds publics sur les réseaux sociaux.

Cette nouvelle donne réglementaire est susceptible d’impacter les organismes de formation dans leur stratégie digitale. Dans un contexte de renforcement des exigences de transparence, une question s’impose pour l’audit Qualiopi : l’indicateur 1 doit-il désormais intégrer la vérification de ces pratiques d’influence ?

Contexte réglementaire

Le contexte : la loi influenceurs s’invite dans la formation professionnelle

Initialement adoptée le 9 juin 2023, la loi n° 2023-451 visant à encadrer l’influence commerciale avait pour objectif d’encadrer les pratiques promotionnelles sur les réseaux sociaux. Depuis, les interactions entre marketing digital et formation professionnelle ont évolué dans un cadre réglementaire renforcé, avec une attention portée sur la transparence de l’information diffusée au public.

Via son article 5 et l’ ordonnance du 6 novembre 2024 , ce cadre a été étendu à la promotion des actions de formation financées par des fonds publics : CPF, plan de développement des compétences, financements OPCO. L’objectif est notamment de renforcer l’information des usagers et de limiter les pratiques susceptibles d’induire en erreur avant un engagement en formation.

Le décret n° 2026-233 du 30 mars 2026 , publié au Journal Officiel le 1er avril, précise les modalités d’application de ces dispositions. Il est applicable depuis le 2 avril 2026.

Ce texte concerne l’ensemble des acteurs de l’influence, personnes physiques ou morales, y compris lorsqu’ils opèrent depuis l’étranger, dès lors que les contenus diffusés visent un public français. Il s’applique notamment à des pratiques de promotion parfois peu structurées dans l’écosystème de la formation professionnelle, impliquant des intermédiaires dont le rôle peut être variable selon les situations.

Obligations réglementaires

Les nouvelles obligations d’affichage : vers une transparence renforcée

Le décret introduit un lien explicite entre les contenus promotionnels diffusés et l’identité légale de l’organisme de formation (OF). Il prévoit des exigences de lisibilité visant à garantir une information accessible au public concernant le prestataire et les modalités de financement.

L’arrêté du 26 mai 2026, publié au Journal Officiel le 29 mai, est venu compléter le décret en fixant le libellé exact de la mention à afficher. Au-delà de ce libellé, le décret pose plusieurs exigences structurantes qui encadrent la conception des contenus promotionnels relatifs à des actions de formation financées par des fonds publics.

01

Identification et financement

Le contenu doit mentionner la dénomination sociale ainsi que le numéro SIRET de l’organisme responsable de l’action de formation. Il doit également préciser le caractère public du financement et les conditions d’éligibilité associées, notamment via un lien hypertexte ou un renvoi vers l’information réglementaire applicable.

02

Visibilité et permanence des mentions

Pour les contenus visuels ou audiovisuels, les mentions doivent être présentées selon des conditions de visibilité définies par le décret. Elles doivent notamment être affichées pendant au moins 90 % de la durée du contenu et occuper un espace représentant au moins 7 % de la surface du support. Ces exigences s’appliquent également aux contenus réalisés par des prestataires ou sous-traitants.

Mise à jour : arrêté du 26 mai 2026

Attendu pour préciser la présentation des mentions, l’arrêté du 26 mai 2026 a été publié au Journal Officiel du 29 mai. Il fixe désormais le libellé exact à afficher, à compléter selon le support par un renvoi vers l’information réglementaire.

Libellé officiel de la mention

L’obtention d’un financement public pour une action de formation professionnelle répond à des règles et des conditions qui vous engagent. Pour plus d’informations.

À ce libellé s’ajoute un seul renvoi vers l’information réglementaire. Sa forme dépend de ce que le support permet d’afficher :

Lien hypertexte

Quand un lien cliquable est possible (publication ou légende sur le web).

travail-emploi.gouv.fr/formation-et-influenceurs

Adresse du site

Quand le lien cliquable n’est pas possible : l’adresse est citée en clair.

travail-emploi.gouv.fr

Mot-dièse

Pour les formats sans affichage d’adresse, notamment l’audio.

#MaFormationProfessionnelle, on en parle

Formats audio : pour les contenus audio (radio, podcast, audio à la demande), les informations obligatoires doivent être énoncées de manière intelligible, immédiatement après le message promotionnel.

Analyse Qualiopi

Responsabilité des organismes de formation et lien avec Qualiopi

Même si le décret vise au premier chef les pratiques des influenceurs, il cite explicitement les organismes de formation parmi ses publics concernés. Ces derniers ne sont donc pas extérieurs à son application : dès lors qu’une action de formation financée par des fonds publics est promue sous leur nom, avec leur dénomination sociale et leur numéro SIRET, la maîtrise des informations diffusées peut constituer un point d’attention.

Pour un organisme de formation, l’enjeu n’est donc pas seulement commercial ou réputationnel. Il concerne également la capacité à encadrer les contenus produits par des partenaires externes, notamment lorsque ces contenus présentent l’offre de formation, les conditions de financement ou les modalités d’accès à la prestation.

Faut-il faire évoluer le niveau attendu de l’indicateur 1 ?

La publication de ce décret, complété par l’arrêté du 26 mai 2026, ouvre une réflexion pour les acteurs de la formation professionnelle et de la certification. La question n’est pas seulement de savoir si les réseaux sociaux doivent être observés lors d’un audit Qualiopi , mais plutôt de déterminer jusqu’où l’audit peut aller sans se substituer aux autorités chargées du contrôle de la conformité publicitaire ou commerciale.

Une approche élargie de la communication publique

Une première lecture consiste à considérer que les contenus diffusés sur les réseaux sociaux font pleinement partie de la communication publique de l’organisme. Dans cette perspective, les exigences de transparence prévues par le décret peuvent être rapprochées des attendus de l’indicateur 1, dès lors qu’elles concernent l’information donnée au futur bénéficiaire.

Une approche centrée sur la maîtrise des processus

Une autre approche invite à rester dans le périmètre propre de l’audit Qualiopi : l’évaluation des processus de l’organisme. L’auditeur n’a pas vocation à contrôler de manière exhaustive chaque contenu publié par un tiers, mais peut examiner la manière dont l’organisme encadre, valide et documente sa communication externalisée.

Une position intermédiaire pourrait consister à renforcer l’attention portée à la politique de communication digitale de l’organisme, sans transformer l’audit Qualiopi en contrôle juridique systématique des publications. Cette approche permettrait de rester cohérent avec la logique du RNQ : apprécier la maîtrise des informations diffusées au public et la capacité de l’organisme à sécuriser ses pratiques.

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